Les gorges de l’Ardèche : guide complet pour les découvrir

# Les gorges de l’Ardèche : guide complet pour les découvrir

Les gorges de l’Ardèche constituent l’un des canyons naturels les plus spectaculaires d’Europe, sculptant sur plus de 30 kilomètres un paysage karstique d’une beauté saisissante. Cette merveille géologique, nichée au cœur du sud de la France, attire chaque année des centaines de milliers de visiteurs en quête d’aventures aquatiques, de randonnées panoramiques et de découvertes préhistoriques. Entre ses falaises calcaires vertigineuses pouvant atteindre 300 mètres de hauteur, ses eaux émeraude serpentant à travers des méandres encaissés, et son patrimoine archéologique exceptionnel, ce site offre une expérience naturelle et culturelle incomparable. Que vous soyez amateur de sports en pleine nature, passionné de géologie ou simplement à la recherche d’un lieu de détente en milieu sauvage, les gorges de l’Ardèche répondront à vos attentes avec une diversité d’activités et de paysages qui ne manqueront pas de vous émerveiller.

Géologie karstique et formation des gorges de l’ardèche

La formation des gorges de l’Ardèche représente un processus géologique fascinant qui s’étend sur plusieurs millions d’années. Ce canyon majestueux témoigne de la puissance érosive de l’eau sur les roches calcaires, créant un paysage unique en Europe occidentale. La compréhension de cette évolution géologique permet d’apprécier pleinement la grandeur de ce site naturel exceptionnel.

Processus d’érosion fluviale du plateau calcaire depuis le pliocène

L’histoire géologique des gorges de l’Ardèche remonte au Pliocène, il y a environ 5 millions d’années, lorsque la rivière Ardèche a commencé à entailler progressivement le plateau calcaire. Ce processus d’érosion fluviale s’est intensifié durant les périodes glaciaires du Quaternaire, où l’alternance de phases de gel et de dégel a fragilisé la roche. La rivière, bénéficiant d’un débit considérablement accru lors des fontes glaciaires, a alors pu creuser le canyon avec une efficacité remarquable. Aujourd’hui encore, ce travail d’érosion se poursuit, modifiant imperceptiblement mais continuellement la morphologie des gorges. Les crues exceptionnelles, comme celle de septembre 1992 qui a atteint un débit de 7000 m³/s, démontrent la capacité toujours active de la rivière à façonner son lit et ses berges.

Stratigraphie des falaises : calcaires urgoniens et jurassiques

Les parois vertigineuses des gorges de l’Ardèche offrent une coupe stratigraphique exceptionnelle où se succèdent différentes formations calcaires. Les calcaires urgoniens, datant du Crétacé inférieur (environ 125 millions d’années), constituent la majorité des falaises visibles. Ces roches claires, particulièrement massives et résistantes, forment les imposantes murailles calcaires caractéristiques du site. En dessous, on retrouve des calcaires jurassiques plus anciens, notamment du Kimméridgien et du Portlandien, qui présentent une stratification plus marquée. Cette superposition géologique crée des variations de couleur et de texture dans les parois, allant du blanc éclatant au gris plus sombre. Les géologues peuvent lire dans ces strates l’histoire des anciens océans qui recouvraient la région, chaque couche correspondant à une période de sédimentation marine spécifique.

Méandres enca

ndrés et leurs falaises encaissées, parfois comparables à une « rivière en S » figée dans la roche. Ces courbes serrées se sont formées lorsque l’Ardèche serpentait sur un relief relativement plat, avant que le plateau ne se soulève progressivement. La rivière a alors continué à creuser verticalement son lit tout en conservant son tracé sinueux initial, donnant naissance à des méandres encaissés spectaculaires comme ceux du Cirque de la Madeleine. Cette morphologie en canyon, avec des parois quasi verticales de plusieurs centaines de mètres de haut, confère aux gorges leur caractère grandiose et explique la succession de panoramas depuis les belvédères de la route touristique. Pour le visiteur, c’est cette combinaison d’étroitesse du canyon et de sinuosité de la rivière qui crée l’effet « waouh » à chaque point de vue.

Réseau souterrain : cavités et avens du pont d’arc

En plus de son relief de surface, le massif calcaire des gorges de l’Ardèche est littéralement « gruyère » de galeries et de puits naturels. L’eau de pluie, légèrement acide, s’infiltre dans les fissures de la roche et dissout progressivement le calcaire, formant un vaste réseau karstique souterrain. C’est ce processus qui est à l’origine des nombreux avens (gouffres) et grottes emblématiques de la région, comme l’Aven d’Orgnac, la grotte Saint-Marcel ou la grotte de la Madeleine. Autour du Pont d’Arc, ce réseau souterrain a joué un rôle déterminant : des galeries effondrées et des conduits abandonnés par la rivière ont contribué à sculpter l’arche naturelle elle-même. Pour les amateurs de spéléologie, ces cavités offrent un terrain d’exploration exceptionnel, à condition bien sûr de respecter la réglementation et de se faire accompagner par un guide diplômé.

Parcours de descente en canoë-kayak : de Vallon-Pont-d’Arc à Saint-Martin-d’Ardèche

La descente des gorges de l’Ardèche en canoë-kayak est l’expérience incontournable pour découvrir le canyon depuis l’eau. Entre Vallon-Pont-d’Arc et Saint-Martin-d’Ardèche, la rivière se parcourt sur environ 24 kilomètres au cœur de la Réserve Naturelle Nationale. Que vous soyez débutant ou pratiquant confirmé, vous trouverez un parcours de descente en canoë adapté à votre niveau, avec des portions calmes propices à la baignade et quelques rapides ludiques. Bien préparée, cette aventure se vit en toute sécurité, à la journée ou sur deux jours avec bivouac au fond des gorges.

Itinéraire de 24 kilomètres : points de mise à l’eau et bivouacs officiels

L’itinéraire classique de descente des gorges de l’Ardèche démarre généralement à Vallon-Pont-d’Arc, juste en amont du Pont d’Arc, et se termine à Saint-Martin-d’Ardèche. Les principaux points de mise à l’eau se situent à Salavas, Chames ou directement au niveau de Vallon-Pont-d’Arc selon les loueurs. La première partie de la descente permet de passer sous l’arche du Pont d’Arc, moment fort de la journée. Ensuite, vous entrez dans la Réserve Naturelle, zone totalement préservée où aucun accès routier ne vient rompre le sentiment d’isolement.

Pour ceux qui souhaitent scinder l’itinéraire en deux jours, deux aires de bivouac officielles et obligatoires sont aménagées au fond des gorges : Gaud et Gournier. Chacune dispose de zones de tente, de blocs sanitaires, de points d’eau et d’un espace de restauration en saison. Le camping sauvage est strictement interdit dans toute la réserve, y compris sur les plages, afin de préserver la faune, la flore et la qualité de l’eau. Il est donc indispensable de réserver son bivouac en même temps que sa location de canoë, surtout entre juillet et août où les places partent très vite.

Passages techniques : rapides de charlemagne et de la dent noire

Si la descente des gorges de l’Ardèche reste accessible au plus grand nombre, elle comporte néanmoins quelques passages plus techniques. Parmi eux, les rapides de Charlemagne et de la Dent Noire sont les plus connus. Classés en difficulté II (sur une échelle de V), ils sont considérés comme des rapides « faciles » mais demandent tout de même un minimum d’anticipation et de lecture de la rivière. Lors des niveaux d’eau élevés, ces passages peuvent devenir plus puissants, ce qui nécessite de bien suivre les consignes de sécurité des loueurs et, si besoin, de descendre pour repérer la trajectoire à pied.

Pour limiter les risques, la plupart des loueurs proposent un briefing détaillé avant le départ, avec rappel des règles de navigation, démonstration des manœuvres de base (pagayer, diriger, s’arrêter) et cartographie des principaux rapides. Le port du gilet d’aide à la flottabilité est obligatoire, et il est fortement recommandé de savoir nager au moins 25 mètres. En famille ou avec des enfants, n’hésitez pas à privilégier un parcours en canoë plus court (8 à 13 kilomètres) ou à partir tôt le matin pour profiter de conditions plus calmes.

Réglementation de navigation : arrêtés préfectoraux et périodes d’accès

La navigation dans les gorges de l’Ardèche est encadrée par des arrêtés préfectoraux afin de concilier tourisme, sécurité et protection de l’environnement. En règle générale, la descente en canoë-kayak est autorisée de mi-mars à fin octobre, avec des variations selon le niveau d’eau. En cas de crue ou de débit trop élevé, la préfecture peut décider d’interdire temporairement toute navigation pour des raisons de sécurité. À l’inverse, certains tronçons peuvent être fermés lorsque l’étiage est trop bas, pour éviter d’endommager les frayères et les habitats aquatiques.

Dans la Réserve Naturelle Nationale, quelques règles spécifiques s’appliquent : il est interdit de faire du feu, de bivouaquer hors des aires aménagées, de prélever des plantes ou des fossiles, ou encore de déranger la faune (notamment les oiseaux nichant dans les falaises). Le respect de ces règles est essentiel pour préserver la qualité exceptionnelle du site. Avant de partir, pensez à consulter les conditions de navigation des gorges de l’Ardèche auprès des offices de tourisme ou des loueurs, qui disposent des informations les plus à jour.

Loueurs agréés : canoë évasion, ardèche canoës, et europe aventure

Autour de Vallon-Pont-d’Arc et de Saint-Martin-d’Ardèche, de nombreux prestataires proposent la location de canoës et kayaks. Parmi les loueurs agréés les plus connus, on peut citer Canoë Évasion, Ardèche Canoës et Europe Aventure. Ils incluent généralement dans leurs formules : le matériel (embarcation, pagaies, gilets), le bidon étanche, la navette en bus jusqu’au point de départ ou depuis l’arrivée, et parfois des options de restauration ou de bivouac. Les tarifs varient en fonction de la longueur du parcours, de la période et du nombre de personnes, mais restent globalement similaires d’un loueur à l’autre.

Pour choisir votre prestataire, vous pouvez vous baser sur plusieurs critères : possibilité de départ matinal, organisation du retour, taille des groupes, présence de moniteurs diplômés pour les sorties encadrées, ou encore engagement dans une démarche écoresponsable. En haute saison, il est indispensable de réserver sa descente en canoë dans les gorges de l’Ardèche plusieurs jours, voire semaines à l’avance, surtout si vous visez un week-end ou un jour férié. Cela vous évitera les files d’attente et vous garantira des horaires de départ adaptés à votre rythme.

Sites géologiques remarquables : le pont d’arc et l’arche naturelle de 54 mètres

Véritable porte d’entrée des gorges de l’Ardèche, le Pont d’Arc est sans doute le site le plus emblématique de la région. Cette arche naturelle monumentale, haute d’environ 54 mètres et large de 60 mètres, a été creusée par la rivière au fil des millénaires. Elle constitue un exemple spectaculaire de pont rocheux karstique, formé lorsque la rivière a repris un ancien conduit souterrain en abrasant la roche. Aujourd’hui, le lit principal de l’Ardèche passe sous l’arche, créant un paysage iconique que l’on peut admirer depuis l’eau en canoë-kayak ou depuis les plages de galets situées en aval et en amont.

Classé site naturel depuis 1982, le Pont d’Arc est également un lieu très prisé pour la baignade en été. Vous trouverez des zones surveillées en haute saison, ainsi que des parkings (payants) et des navettes depuis Vallon-Pont-d’Arc pour limiter la circulation. Pour profiter pleinement du site, l’idéal est d’y venir tôt le matin ou en fin de journée, lorsque la lumière dorée souligne les reliefs de la roche et que l’affluence est moindre. Depuis le belvédère aménagé sur la route touristique, vous bénéficierez également d’une vue panoramique sur l’arche et le méandre qu’elle surplombe.

Patrimoine préhistorique : grotte chauvet et art pariétal paléolithique

Au-delà de ses paysages de canyon, les gorges de l’Ardèche abritent un patrimoine préhistorique parmi les plus importants au monde. Découverte en 1994, la grotte Chauvet-Pont d’Arc a bouleversé notre compréhension des origines de l’art. Ses parois ornées de centaines de dessins et gravures témoignent d’une maîtrise artistique exceptionnelle dès le Paléolithique supérieur. Pour préserver ce trésor fragile, la grotte originale est fermée au public, mais une réplique fidèle, la Caverne du Pont-d’Arc (ou Grotte Chauvet 2), permet à chacun de plonger dans cet univers vieux de plusieurs dizaines de milliers d’années.

Datation au carbone 14 : œuvres rupestres de 36 000 ans

Les peintures de la grotte Chauvet ont été datées grâce à la méthode du carbone 14, appliquée à des charbons de bois utilisés comme pigments et à des restes organiques piégés dans les concrétions. Les résultats ont révélé un âge d’environ 36 000 ans pour les premières œuvres, ce qui en fait l’un des plus anciens ensembles d’art pariétal connus au monde. Pour vous donner un ordre d’idée, cela correspond à une époque où les premiers Homo sapiens modernes occupaient déjà l’Europe, bien avant Lascaux ou Altamira.

Cette ancienneté remet en question l’idée selon laquelle l’art aurait progressivement gagné en sophistication. À Chauvet, dès les débuts, on observe des compositions complexes, des scènes dynamiques et une grande diversité d’animaux représentés. En visitant la réplique, vous découvrirez à quel point ces artistes préhistoriques maîtrisaient déjà les perspectives, les dégradés et le mouvement, au point de rivaliser, par certains aspects, avec des œuvres bien plus récentes.

Caverne du Pont-d’Arc : réplique muséographique et scénographie immersive

Située sur les hauteurs de Vallon-Pont-d’Arc, la Caverne du Pont-d’Arc est une restitution à l’échelle 1 de la grotte Chauvet originale. Construite à quelques kilomètres à peine du site authentique, elle reproduit fidèlement les volumes des galeries, les reliefs des parois, les concrétions calcaires et bien sûr les peintures et gravures. L’éclairage, la température et l’humidité ont été soigneusement calibrés pour recréer l’atmosphère d’une véritable grotte, sans pour autant compromettre le confort du visiteur.

La visite se fait exclusivement guidée, par petits groupes, sur un parcours d’environ une heure. Vous enchaînez alors les salles ornées, tandis que le guide dévoile progressivement le sens des scènes, les techniques utilisées (ocre, charbon, estompe) et le contexte de vie des artistes aurignaciens. En complément, la Galerie de l’Aurignacien, espace muséographique attenant, propose maquettes, reconstitutions d’animaux disparus et dispositifs interactifs pour comprendre l’environnement des premiers hommes modernes en Ardèche. Il est conseillé de réserver sa visite de la Grotte Chauvet 2 à l’avance, surtout pendant les vacances scolaires.

Panneaux des chevaux et des lions : techniques picturales aurignacienne

Parmi les chefs-d’œuvre de la grotte Chauvet, les panneaux des chevaux et des lions occupent une place à part. Le panneau des chevaux, avec ses têtes de profil superposées, illustre parfaitement la recherche du mouvement et de l’expression. Les artistes ont utilisé les reliefs naturels de la paroi pour accentuer le volume des corps, jouant avec les ombres comme le ferait aujourd’hui un peintre contemporain. On y distingue également des traces d’estompe et de superposition de couches de pigments, preuve d’une véritable réflexion esthétique.

Le panneau des lions montre, quant à lui, une scène de chasse saisissante, où une meute de félins semble poursuivre des herbivores. Les silhouettes allongées, les gueules ouvertes, les oreilles couchées traduisent une tension dramatique étonnante pour des œuvres aussi anciennes. Ces représentations font de Chauvet un site majeur pour comprendre l’art pariétal paléolithique et la place symbolique des animaux dans l’imaginaire des premiers hommes. Lors de votre visite, prenez le temps d’observer chaque détail : plus vous regarderez, plus vous découvrirez de subtilités.

Sentiers de randonnée pédestre : GR4 et belvédères panoramiques

Si le canoë permet de découvrir les gorges depuis l’eau, la randonnée offre une perspective tout à fait différente, en surplomb des falaises ou au plus près de la rivière. Le secteur est traversé par plusieurs itinéraires balisés, dont le fameux GR4, qui relie l’Atlantique à la Méditerranée en passant par les gorges de l’Ardèche. De simples balades familiales aux parcours sportifs, chacun peut trouver une randonnée dans les gorges de l’Ardèche adaptée à son niveau, tout en profitant de points de vue spectaculaires sur les méandres.

Circuit des gorges : dénivelé de 300 mètres et points de vue sur les méandres

Le sentier des gorges, itinéraire emblématique, suit en grande partie l’ancienne draille des bergers sur environ 24 kilomètres entre le Pont d’Arc et Saint-Martin-d’Ardèche. Généralement parcouru en 2 jours, il présente un dénivelé cumulé d’environ 300 mètres, avec des passages en balcon, des descentes au bord de l’eau et quelques sections plus techniques équipées de mains courantes et d’échelles métalliques. Ce circuit offre des points de vue exclusifs sur les méandres, inaccessibles depuis la route touristique, ainsi que des criques isolées où l’on peut faire une pause baignade.

Cette randonnée s’adresse à des marcheurs en bonne condition physique, habitués aux terrains caillouteux et aux sentiers escarpés. Elle peut se coupler avec une nuit en bivouac à Gaud ou Gournier, à condition de réserver son emplacement. Si vous ne souhaitez pas parcourir l’itinéraire complet, il est possible de n’en faire que certains tronçons, par exemple depuis le secteur du Cirque de la Madeleine ou de la Cathédrale. Dans tous les cas, prévoyez de bonnes chaussures de randonnée, suffisamment d’eau (au moins 2 litres par personne en été) et une protection solaire adéquate.

Belvédère de la madeleine et belvédère de la cathédrale

Pour une découverte plus accessible, la route touristique des gorges de l’Ardèche (D290) est jalonnée d’une dizaine de belvédères aménagés. Parmi les plus spectaculaires, le belvédère de la Madeleine domine un méandre serré, juste au-dessus de la grotte de la Madeleine qui se visite. La vue plongeante sur la rivière et les falaises calcaires en arc de cercle est saisissante, surtout au petit matin lorsque la brume remonte du fond des gorges. Des panneaux d’interprétation expliquent la géologie, la faune et la flore que l’on peut observer sur place.

Plus loin, le belvédère de la Cathédrale offre une perspective impressionnante sur l’un des passages les plus encaissés du canyon, où les parois semblent se refermer comme les voûtes d’une nef. Le nom du site vient justement de cette sensation d’entrer dans une cathédrale minérale. Ces belvédères, facilement accessibles à quelques dizaines de mètres des parkings, permettent à tous, y compris aux familles avec enfants ou personnes moins sportives, de profiter des panoramas sans s’engager dans une longue randonnée. N’oubliez pas votre appareil photo : les lumières changeantes au fil de la journée transforment complètement les paysages.

Haute corniche : accès depuis la D290 et stationnements aménagés

La portion de route entre Vallon-Pont-d’Arc et Saint-Martin-d’Ardèche est souvent surnommée la Haute Corniche, tant elle épouse le rebord du plateau au-dessus des gorges. Accessible en voiture, en moto et pour les cyclistes aguerris, elle permet de multiplier les arrêts panoramiques en peu de temps. Les stationnements sont généralement bien aménagés et signalés, mais peuvent être rapidement saturés en plein été, notamment près du Pont d’Arc et des belvédères les plus célèbres. Là encore, partir tôt le matin ou en fin d’après-midi reste la meilleure option pour circuler sereinement.

Pour limiter votre impact, il est conseillé de regrouper les visites des belvédères sur une même demi-journée, plutôt que de faire de multiples allers-retours en voiture. Certains points de vue sont également reliés par de courts sentiers, ce qui permet de marcher un peu tout en réduisant l’usage du véhicule. Si vous venez en haute saison, pensez à vérifier l’existence éventuelle de navettes ou de dispositifs de circulation alternée, parfois mis en place pour fluidifier le trafic sur la D290.

Réserve naturelle nationale : réglementation du bivouac et zones protégées

Créée en 1980, la Réserve Naturelle Nationale des gorges de l’Ardèche s’étend sur près de 1 575 hectares, protégeant à la fois le canyon et les plateaux environnants. Elle vise à préserver un patrimoine naturel d’exception, composé de falaises, de pelouses sèches, de forêts de chênes verts et de milieux aquatiques. De nombreuses espèces y trouvent refuge : rapaces rupestres, chauves-souris, castors, reptiles, sans oublier une flore méditerranéenne riche en orchidées sauvages.

Pour concilier protection et accueil du public, une réglementation stricte s’applique. Le bivouac n’est autorisé que sur les aires officielles de Gaud et Gournier, sur réservation. Le camping sauvage, les feux de camp, le dépôt de déchets ou encore le dérangement volontaire de la faune sont interdits et passibles d’amendes. Les sentiers doivent être respectés et il est déconseillé de sortir des tracés balisés, notamment pour ne pas piétiner les milieux fragiles. Avant votre séjour, prenez le temps de consulter les recommandations de la réserve : en adoptant quelques gestes simples, vous contribuerez à la préservation de ce joyau pour les générations futures.

Activités aquatiques et sports de pleine nature en vallée de l’ardèche

Au-delà du canoë-kayak et de la randonnée, les gorges de l’Ardèche et leur vallée offrent un vaste panel d’activités de pleine nature. Escalade sur les falaises calcaires, via ferrata, spéléologie dans les avens, baignade en rivière, canyoning dans les affluents… la destination est un véritable terrain de jeu pour les amoureux de sensations et de grands espaces. Que vous recherchiez une sortie familiale ou un défi sportif, vous trouverez forcément une activité à votre mesure.

Via ferrata de Saint-Remèze : parcours vertical de 200 mètres

À proximité de Saint-Remèze, la via ferrata offre une manière originale de découvrir les paysages des gorges, suspendu à flanc de falaise. Sur un parcours d’environ 200 mètres de dénivelé, câbles, échelons métalliques, ponts de singe et tyroliennes se succèdent pour composer un itinéraire ludique et aérien. Constamment assuré à la ligne de vie, vous progressez en toute sécurité tout en profitant de vues plongeantes sur la vallée et, par endroits, sur le canyon lui-même.

Cette via ferrata est accessible à partir de 12 ans environ, selon les prestataires, et se réalise encadrée par un guide diplômé si vous débutez. L’équipement (baudrier, longe, casque) est fourni, mais il est indispensable de venir avec des chaussures fermées type baskets ou chaussures de randonnée. En été, prévoyez également de l’eau et une casquette, car les parois peuvent être très ensoleillées. C’est une activité idéale si vous souhaitez vivre une aventure verticale dans les gorges de l’Ardèche sans être grimpeur confirmé.

Spots de baignade naturelle : plages de sauze et de gaud

Envie de simplement vous rafraîchir dans l’eau claire de l’Ardèche ? Plusieurs plages de baignade jalonnent la rivière, de Vallon-Pont-d’Arc à Saint-Martin-d’Ardèche. À l’aval des gorges, la plage de Sauze, à proximité de Saint-Martin, est l’une des plus appréciées. Facilement accessible, avec un grand parking et une zone de baignade surveillée en saison, elle convient particulièrement aux familles. Le cadre reste très naturel, avec les falaises qui se dessinent encore à l’horizon.

Plus en amont, la plage de Gaud, située au cœur même de la Réserve Naturelle, ne se rejoint qu’à pied ou en canoë. Elle est attenante à l’aire de bivouac du même nom, ce qui en fait un lieu privilégié pour un séjour nature au fond des gorges. D’autres plages plus intimistes, non aménagées, s’égrènent le long de la rivière. Lorsque vous choisissez un spot de baignade, gardez en tête quelques règles de prudence : ne vous éloignez pas trop des zones surveillées avec de jeunes enfants, surveillez l’évolution du niveau d’eau, et renseignez-vous sur les conditions météo en amont, car des orages peuvent entraîner des montées rapides du débit.

Spéléologie : exploration de l’aven d’orgnac et grottes de Saint-Marcel

Enfin, impossible d’évoquer les gorges de l’Ardèche sans parler de spéléologie. L’Aven d’Orgnac, labellisé Grand Site de France, propose des visites guidées classiques de ses immenses salles ornées de stalagmites et de draperies, mais aussi des parcours spéléo découverte pour s’enfoncer dans des galeries moins aménagées. Casque sur la tête et lampe frontale allumée, vous vous glissez alors dans la peau d’un explorateur, en franchissant passages étroits, petites descentes en rappel et talus argileux. Une activité accessible dès l’adolescence, encadrée par des professionnels, qui permet de mieux comprendre la formation du karst.

La grotte Saint-Marcel, au cœur de la route touristique, offre elle aussi des circuits spéléo adaptés à différents niveaux, en complément de la visite classique de sa célèbre cascade de gours. Ces bassins calcaires en escalier, remplis d’eau translucide, constituent l’un des plus beaux ensembles d’Europe. Que vous optiez pour une simple visite guidée ou pour une véritable exploration souterraine, ces grottes complètent à merveille la découverte des paysages de surface. Elles rappellent surtout que, sous les gorges de l’Ardèche que l’on admire depuis les belvédères, se cache un autre monde, tout aussi fascinant, sculpté patiemment par l’eau au fil des millions d’années.

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